Partager l'article ! Joualleux Noël: à Déborah Golaz Il était une fois, une jeune fille qui vivait dans un chalet isol ...
à Déborah Golaz
Il était une fois, une jeune fille qui vivait dans un chalet isolé tout au bout du bois. En ce soir de noël, pendant que les flots déballaient leurs bébelles, elle comptait ses trente-sous. Toute seule devant son souper, elle n’avait pas un chum pour se tirer une bûche et partager son pâté chinois. Sa gang d’amis c’était les animaux du bois, écureuil, chevreuil et petits suisses, même les bébittes, maringouins, brûlots et mouches, elle les aimait, tant elle était tannée de s’ennuyer.
Elle aurait bien écouté un film ou clavardé pour avoir du fun, mais elle n’avait pas payé l’hydro… Donc rien ne marchait et comme il faisait frette, elle était ben chanceuse d’avoir un poêle et du bois en masse. Elle avait aussi enfilé toute sa garde-robe, bobettes, camisoles, chandails et tellement de paires de bas qu’elle entrait plus dans ses bottes. Ses dessous de laine la démangeaient en sacrement mais elle était tellement emmitouflée qu’elle ne pouvait même plus se gratter les fouffounes.
Pour tout dessert elle s’offrit de la gomme et de la liqueur. Assise à mâcher, sa tuque vissée sur le crâne, devant son verre de coke, elle repensa à cet été au club. Elle l’avait trouvé ben fin ce gars qui l’avait cruisée. Faut dire qu’il était tellement cute, qu’il fréquentait assidument le gym et que ça paraissait ben… Elle n’avait pas été ben longue à le frencher. Elle l’avait suivi jusqu’en Abitibi.
Elle avait été toute une pitoune, tellement niaiseuse, elle a vite réalisé à quel point il était poche, ce gros épais. Elle avait pris une chance mais pogné le mauvais numéro. Il enchainait brosse sur brosse, fourrait à droite à gauche et le reste du temps il le passait à la job ou à flâner devant la tévé. Et un matin, il l’a laissé, ce maudit gars sale. Elle est restée, le bail sur les bras.
En ce soir de noël, elle leva les yeux au ciel. Par la fenêtre elle vit une grande lumière traverser les cieux pour aller s’écraser dans le bois. Comme ça faisait un bout qu’elle croyait plus au gros dodu, elle n’envisagea pas avoir à faire à un accident de traineau. Intriguée elle décida, en tout cas, d’aller checker l’affaire. Elle s’habilla comme elle pouvait pour sortir. Elle avait encore plus l’air d’une robineuse, vêtue de même.
Sachant qu’elle devait avoir une torche dans la valise de son vieux bazou, elle récupéra ses clefs dans la crack du sofa. Après un détour par son char pour pogner la flashlight, elle s’enfonça dans le noir de la nuit, guidée par un scintillement lointain. Elle progressait lentement dans la neige et la lumière s’amplifiait au fur à mesure qu’elle approchait.
Quand elle fut rendue à sa source, ses yeux s’accommodèrent peu à peu. Il y avait là une machine complètement maganée par sa brutale arrivée mais étincelante comme une boule disco. Elle distingua ce qu’elle pensa être une porte, tenta de l’ouvrir, sans succès, elle était apparemment barrée. Un bruit retentit, elle se recula prestement. L’intensité lumineuse du véhicule baissa, un sifflement continu accompagna le soulèvement de la porte, de la vapeur s’échappait de l’habitacle.
La porte tomba dans la neige, une silhouette en émergea. Ce n’était pas un petit homme vert, mais un grand homme brun qui s’extirpa de l’appareil. Il faisait au moins 6 pieds de haut, avait une face de lendemain de veille, esquissa un sourire forcé, leva deux doigts en signe de paix, fit trois pas titubant et s’écroula à terre.
Il était en chocolat. Il était écœurant. Elle l’a mangé en entier, à s’en éclater la panse. Elle s’est figée tout à son extase, statufiée, heureuse et comblée. Au printemps suivant elle a fondu en une petite flaque de cacao.
Ca fait que c’est ça là.
waaaa c'est tout mignon ta petite histoire! Parfait avant de dormir merci papa