L'ennui de vivre dans une boule à neige, c'est que l'on chope des maux de tête dès que le temps se couvre.
Un, deux, trois, nous irons au bois, promener
nos minois. Normal c'est dimanche, il faut sortir les enfants. Les petits bouts de bois servent d'épée, de toit rudimentaire. Les glands quand à eux sont fait pour être lancer, ils rebondissent
jamais vraiment comme on le prévoyait. Les enfants non plus, ils prennent jamais le chemin qu'on attendait. Pendant qu'on suit le chemin forestier, ils s'obstinent à vadrouiller dans les sous-bois.
Alors on les rappelle, des fois qu'ils se perdraient. Moi j'ai jamais compris pourquoi on s'obstinait à prendre ce chemin tout propre qui ne mène nulle part. Juste au bout d'un moment on rentre
avant qu'il soit trop tard. Moi, je veux pas rentrer, j'ai pas mal au pied. Je suis bien là, même si il fait froid. Avec mon épée et ma cabane improvisée, personne il peut me tuer, j'ai un
arbre super mélèze pour me défendre. Moi je veux grimper sur les troncs, râper mes genoux, faire des festins de mousses et bouder les cosses de châtaignes qui se plantent dans les doigts. Je veux
me perdre et oublier la compét', oublier le foot et le basket, oublier les bons points et les départs au coin. Moi je veux faire bouger les feuilles en soufflant dessus, je veux me rouler par terre
pour donner une odeur à mes vêtements, je veux traverser les fossés et tout explorer. Mais j'ai pas le droit de m'éloigner, alors je reviendrai quand les adultes seront partis, mais p'têt que le
bois aussi, alors il sera parti.
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