Des chèvres pour les damnés. Au cœur de l’oubli sourd de la marche écarlate d’un monde fou. Tournent les crevettes, brochettes, oignons, poivrons. Crustacés décortiqués sans queue ni tête. Devenir grands, se déchirer l’anus à force de gastroentérite. Figues et calissons, sucre sur la langue. Baiser doux et rêche, coup et amour. Le cœur écartelé entre confiance et perte de soi. Se jeter dans la poubelle du grand merdier. Aller chercher au fin fond des étrons le caillou brillant du bonheur. Planquer derrière la plaquette de beurre des grands pâtissiers. Faiseurs de décor, de cadre sans angles. Emporté par le vent d’un lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche. Carcasses véreuses, déchirées sur la taie d’oreiller. Abandonnés aux mondes intérieurs, les songes sombrent, cadenassés. Intégrer, désintégrer, formater, glisser, banane a une forme rigolote. Le robot marche sans voie. Il sucre ses yeux, paillette ses joues grises. Macadam, cirque, tourne et retourne, détourne. Un matin, englués les yeux collés ne s’ouvrent plus, le cerveau caramélisé fuit par la bouche. Galipettes des compresses. Kystes à la glaise. De temps en temps il dit.
Ce mois-ci, coup de foudre, embruns, grande marée, précipitations, migrations, brise légère et Fahrenheit
sont à prévoir sur l'ensemble d'assiduité non garantie.
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A l'approche de l'été assiduité non garantie se met à la diète pour entrer dans son maillot de bain et vous offrir un court numéro sur le thème "ce n'est pas la taille qui compte".
Réclamez-le à assiduite@gmail.com!
Après un peu plus de six ans d'activité et plus d'une centaine de textes publiés. Ce blog va ralentir pour cause de lancement dans un nouveau projet. Assiduité non garantie réunit les contributions de différentes personnes autour d'un thème commun. Pour en savoir plus et recevoir le premier opus d'Assiduité non garantie : Tout doit disparaître, réclamez-le en écrivant à assiduite@gmail.com .

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" _ Il est libre.
_ Oui, libre et interné. "
Tolérance zéro, c'est un peu comme tirer sur les mouches au fusil pendant que les asticots prolifèrent dans la cuisine.
Je suis assis sur une serviette pourtant j’suis pas une fille.
L'air fringuant, le costume repassé. Il a pris une année, l'air du temps.
T'es un palmier, mais t'as même pas de sein!
Le drapeau flotte! Les rêves s'envolent! Il dort encore, mais il sera bientôt appelé. Il rêve encore et bientôt il va crever.
Pourtant la guerre, c'est terminée.
TGV reflété sur la vitre où sommeille le petit portable, celle qui supporte nos bagages, ça fait végéter.
Qui a éteint les lumières pour s'en remettre à dieu, au marché ou au tiercé?
Dis-moi petite sœur, les hommes aiment-ils tant le sel qu'ils enfoncent leurs pieux, afin de faire couler tes yeux, s'abreuver à tes joues?
Sous la plage, la roue de secours.
Jacques a sorti les cartes, non pas pour se lancer dans une partie effrénée de belote, mais pour préparer ce que d'aucun appelle une grande aventure humaine. Jacques est journaliste. Demain il part couvrir un événement d'une importance capillaire, le salon international du bigoudi. Celui-ci se tient à Montforteuil-sur-Brie, croyez-moi, ce n'est pas facile à localiser sur une carte.
Jacques brûle d'impatience c'est son premier vrai reportage. Il paraît que cette année les constructeurs ont repoussé les limites de l'audace, osant les designs les plus invraisemblables et les coloris les plus décalés. Un sujet en or qui aurait pu lui passer sous le nez, il s'en était fallu d'un cheveu pour que ce soit encore Brigitte qui le décroche.
Jacques n'a rien à reprocher à Brigitte, excepté bien entendu son obstination à ignorer ses avances. Toutefois, il ne peut s'empêcher de jalouser les missions qu'elle obtient systématiquement. Lui se coltine toujours le fond du panier, magouilles politiques, crises financières ou catastrophe naturelle.
Mais cette année il l'a enfin, son sujet brûlant, celui qui attise sa passion depuis si longtemps. Il rassemble ses affaires, enfile son pyjama et sa résille. Il va se coucher tout excité de la journée qui l'attend. Il faut qu'il soit en forme, il a de la route à faire.
La sentence est tombée. Va falloir amputer, mon ciel va falloir te quitter. Jamais plus je ne verrais ruisseler ton eau sur les feuilles du châtaignier. C’est décidé, on va te tricoter un costume de fumée. Une cheminée a remplacé le châtaignier. Au moins tu ne verras pas chialer.
à Déborah Golaz
Il était une fois, une jeune fille qui vivait dans un chalet isolé tout au bout du bois. En ce soir de noël, pendant que les flots déballaient leurs bébelles, elle comptait ses trente-sous. Toute seule devant son souper, elle n’avait pas un chum pour se tirer une bûche et partager son pâté chinois. Sa gang d’amis c’était les animaux du bois, écureuil, chevreuil et petits suisses, même les bébittes, maringouins, brûlots et mouches, elle les aimait, tant elle était tannée de s’ennuyer.
Elle aurait bien écouté un film ou clavardé pour avoir du fun, mais elle n’avait pas payé l’hydro… Donc rien ne marchait et comme il faisait frette, elle était ben chanceuse d’avoir un poêle et du bois en masse. Elle avait aussi enfilé toute sa garde-robe, bobettes, camisoles, chandails et tellement de paires de bas qu’elle entrait plus dans ses bottes. Ses dessous de laine la démangeaient en sacrement mais elle était tellement emmitouflée qu’elle ne pouvait même plus se gratter les fouffounes.
Pour tout dessert elle s’offrit de la gomme et de la liqueur. Assise à mâcher, sa tuque vissée sur le crâne, devant son verre de coke, elle repensa à cet été au club. Elle l’avait trouvé ben fin ce gars qui l’avait cruisée. Faut dire qu’il était tellement cute, qu’il fréquentait assidument le gym et que ça paraissait ben… Elle n’avait pas été ben longue à le frencher. Elle l’avait suivi jusqu’en Abitibi.
Elle avait été toute une pitoune, tellement niaiseuse, elle a vite réalisé à quel point il était poche, ce gros épais. Elle avait pris une chance mais pogné le mauvais numéro. Il enchainait brosse sur brosse, fourrait à droite à gauche et le reste du temps il le passait à la job ou à flâner devant la tévé. Et un matin, il l’a laissé, ce maudit gars sale. Elle est restée, le bail sur les bras.
En ce soir de noël, elle leva les yeux au ciel. Par la fenêtre elle vit une grande lumière traverser les cieux pour aller s’écraser dans le bois. Comme ça faisait un bout qu’elle croyait plus au gros dodu, elle n’envisagea pas avoir à faire à un accident de traineau. Intriguée elle décida, en tout cas, d’aller checker l’affaire. Elle s’habilla comme elle pouvait pour sortir. Elle avait encore plus l’air d’une robineuse, vêtue de même.
Sachant qu’elle devait avoir une torche dans la valise de son vieux bazou, elle récupéra ses clefs dans la crack du sofa. Après un détour par son char pour pogner la flashlight, elle s’enfonça dans le noir de la nuit, guidée par un scintillement lointain. Elle progressait lentement dans la neige et la lumière s’amplifiait au fur à mesure qu’elle approchait.
Quand elle fut rendue à sa source, ses yeux s’accommodèrent peu à peu. Il y avait là une machine complètement maganée par sa brutale arrivée mais étincelante comme une boule disco. Elle distingua ce qu’elle pensa être une porte, tenta de l’ouvrir, sans succès, elle était apparemment barrée. Un bruit retentit, elle se recula prestement. L’intensité lumineuse du véhicule baissa, un sifflement continu accompagna le soulèvement de la porte, de la vapeur s’échappait de l’habitacle.
La porte tomba dans la neige, une silhouette en émergea. Ce n’était pas un petit homme vert, mais un grand homme brun qui s’extirpa de l’appareil. Il faisait au moins 6 pieds de haut, avait une face de lendemain de veille, esquissa un sourire forcé, leva deux doigts en signe de paix, fit trois pas titubant et s’écroula à terre.
Il était en chocolat. Il était écœurant. Elle l’a mangé en entier, à s’en éclater la panse. Elle s’est figée tout à son extase, statufiée, heureuse et comblée. Au printemps suivant elle a fondu en une petite flaque de cacao.
Ca fait que c’est ça là.
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